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Dany Dietmann, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, maire non inscrit de Manspach, en fin d'émission Terre à Terre sur France Culture, le samedi 3 octobre :

« Je vais vous donner un exemple. Si vous voulez faire venir une brasserie, s'il n'y a pas une eau d'excellente qualité elle ne vient pas ! Effectivement, que ce soit au niveau agricole, que ce soit au niveau économique, c'est absolument déterminant : que ce soit les Japonais qui sont venus s'installer en Alsace il y a quelques années ils sont venus s'installer en Alsace à cause de l'environnement. Ils trouvaient ici un environnement qu'ils n'avaient effectivement pas ailleurs.

Donc je crois que l'environnement c'est la planète ; c'est la qualité de la planète qui définit l'avenir de l'humanité à une échelle très large. Alors ce qui serait bien effectivement c'est que, dans nos politiques, on inverse les choses : qu'on ne mette pas l'environnement comme roue de secours de toutes les choses énumérées mais qu'on mette d'abord l'environnement, qui sous-entend pas seulement l'environnement végétal, mais l'environnement vivant, l'environnement social, l'environnement économique et qui, à chacun des niveaux, nécessite des équilibres pour perdurer ; [...] ces équilibres [...], à l'échelle de notre petit territoire, en faisant que l'eau coûte moins cher, que les déchets coûtent moins chers, qu'on puisse faire un certain nombre de choses avec des boucles courtes, qui soient plus saines, qui vous fassent faire des économies de santé, bref toutes ces choses-là, ça permet effectivement en termes sociétal et social de favoriser la démarche vers un avenir qui est moins consommateur (on va dire ça comme ça), plus économe, mais quand même beaucoup plus prometteur d'avenir.

C'est ça l'enjeu de demain. Et tant qu'on n'aura pas compris effectivement, qu'il faut avant tout commencer par traiter la problématique de durabilité environnementale, et passer du développement durable à l'évolution durable. Parce que le développement induit le piétinement sur l'autre, on ne peut pas grossir et se développer sans marcher sur l'autre, alors qu'on peut évoluer sans écraser l'autre. C'est pour ça que je préfère de loin le mot "évolution durable" au mot "développement durable", surtout dans un monde effectivement où la croissance ne semble plus vraiment d'actualité. »