Petite primo-injection pour résister à la vague sécuritaire qui menace de suivre
Marseille - 23/12/2014 - Photo personnelle
"[En tant que bénéficiaire du RSA à Paris], j'aurais pu demander une carte de gratuité de transport mais je ne l'ai pas fait, j'ai choisi de continuer à frauder. Ce qui se joue là c'est aussi le fait d'accepter en fait toute cette machinerie, avec des portiques qui me barrent la route, et des contrôleurs en appui desquels on trouve aussi la police et donc c'est une manière de dire que finalement l'Etat et les autorités plus généralement contrôlent l'espace public, contrôlent les espaces qu'on utilise, produisent une ville où on ne sent pas chez soi malgré le fait que tu y passes toute ta journée. Je préfère sauter la barrière que biper avec ma carte Navigo et, le jour où je ne l'ai pas, de me sentir trop emmerdé, je ne sais pas comment faire parce qu'il y a cette barrière qui me parait infranchissable. C'est une manière d'entretenir un rapport à la ville où on n'a pas à subir les décisions qui sont prises au-dessus de nous par rapport à ça, et qui sont celles de changer les machines, de mettre des barrières plus puissantes, d'augmenter le prix, etc..."
Témoignage de « Mathieu », Extrait de l’émission « Les Pieds sur Terre », Le coût du ticket et le prix de la fraude, Reportage d'Olivier Minot, réalisation Marie Plaçais », France Culture.
