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Le bréviaire de Fairing
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29 janvier 2016

1974, Philippe Gavi sur la social-démocratie

« Imaginons un jour un gouvernement de la gauche ; bien évidemment, nous serons minoritaires par rapport à cette gauche, et nous serons donc condamnés à avoir une position soit suiviste, suiviste critique, mais suiviste quand même, soit totalement provocatrice et aventuriste. Ou nous serons des « compagnons de route » ternes, sans personnalité, ou nous ouvrirons la porte au fascisme en provoquant une radicalisation alors que le rapport des forces ne nous est pas favorable, que nous sortirons vaincus d’un affrontement armé. Autrement dit, tant que nous restons minoritaires, tant que nos idées restent marginalement influentes, tout gouvernement de la gauche ne peut conduire qu’à trois échecs : le premier, c’est le fascisme ; pour une raison bien simple : ce gouvernement n’a pas compris que le pouvoir ne se cueille pas comme une fleur, que la bourgeoisie est prête à tout ; il n’est pas préparé à l’affrontement. Il pense qu’il peut y avoir transition pacifique vers le socialisme. C’est ce qui s’est passé au Chili : P.C. et extrême gauche sont également liquidés. Deuxième échec : la social-démocratie. Pour éviter l’affrontement, le gouvernement de gauche concède tellement de choses à la bourgeoisie qu’on se retrouve comme sous la IVème République avec des ministres socialistes qui gèrent, moins bien que l’U.D.R., les intérêts de la bourgeoisie et répriment le mouvement populaire. Troisième échec : la bureaucratie autoritaire de type soviétique, cela à la suite d’un affrontement violent. La gauche autoritaire n’ayant pas « travaillé » idéologiquement les classes moyennes, n’a pu les rallier avec des mesures économiques toujours inadéquates ; les classes moyennes ne peuvent alors que se fasciser. Et l’affrontement inévitable se conclut soit par le fascisme soit par la bureaucratie autoritaire. » Philippe Gavi, le 26 février 1974, dans « On a raison de se révolter (La France sauvage), discussions entre Philippe Gavi, Jean-Paul Sartre et Pierre Victor.

On a raison de se révolter

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