Valeurs actuelles - Une

Il est toujours bon de rappeler l'infamie de certains...

"Une photo pour ouvrir les yeux" titre l'éditorialiste du Monde. Mystérieux pouvoir d’une image. Ce n'était donc que ça ? Un manque d'imagination... Si on était si durs, c'est parce qu'on n'imaginait pas que des malheureux sont en danger de mort. Parce qu’on ne savait pas que ça pouvait aussi toucher des enfants ? C’était trop théorique, il n'y avait pas d'images pour nous ouvrir les yeux…

Faut-il que la faculté d’imagination et la capacité d'empathie soient moribondes chez certains pour avoir besoin de ce genre d’électrochoc ! Et encore, on ne peut même pas dire que les représentations des drames aient manqué… Alors pourquoi celle-ci plus qu'une autre ?

Ne nous leurrons pas, cette irrationalité ne promet rien qui vaille : nombre des yeux encore ouverts se refermeront dans quelques heures, déjà la dialectique nauséabonde qui séparent les migrants en deux groupes, les acceptables et les autres reprend peu à peu ses droits. François d'Orcival, président du comité éditorial du torchon Valeurs actuelles, qui avait fait sa Une ignoble intitulé "Le Débarquement", s'interroge sur la manipulation sur fond de théorie du complot. Il faut aussi s'attendre à ce que des calculs politiques et financiers viennent prendre le relais des imaginations à l’agonie.

Au final, sentiment d’être à l’abri par un heureux hasard, avec au-dehors des appels à l’aide, des poings frappant aux portes, et cognant aux fenêtres.

A l’intérieur, les oreilles bouchées, histoire de ne pas trop bousculer notre confort.