« Ils veulent nous obliger à gouverner, nous ne céderons pas à cette provocation »
Cité par le Comité Invisible dans « A nos amis »

 

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Marseille, le 6 mars 2015

Constatons que tous les hommes politiques mentent pour accéder au pouvoir et une fois installés, trahissent leurs promesses. Le caractère systématique du mécanisme nous incite à dépasser les explications uniquement fondées sur la personnalité perverse des individus. Il est plausible que la logique de cette séquence classique soit nichée dans l’essence même du pouvoir et dans le poids de ce qu’on peut appeler la superstructure. Dans cette logique, il s’agit de considérer le pouvoir comme étant le lieu même de l’impuissance. Si tel est le cas, il faut alors en finir avec l’idée de « prendre le pouvoir ». Le lieu du pouvoir est une place vide et le roi est nu. Pour mieux dire, le pouvoir n’est pas localisable, son chef se bat pour rester en place et est occupé à gérer la situation. Le vrai pouvoir est ailleurs : c’est un ensemble de relations que seule une lutte au sein de la société peut transformer. Ce combat est le seul à même de changer la superstructure. Assiéger le palais déserté, en prendre le contrôle, conquérir le pouvoir, cela ne fait pas une révolution. La superstructure n’est qu’un reflet des forces en présence : dès lors, seul un travail politique, un travail au corps social, pourrait-on dire, permet de transformer la société jusqu’à l’instant où tout peut basculer. Cela signifie également qu’il n’est pas question d’attendre un miraculeux moment insurrectionnel, comme un cadeau tombé du ciel, et d’en préparer le programme qu’on appliquera le lendemain de la prise de pouvoir, cela veut dire plutôt qu’il est urgent de commencer à libérer notre puissance, ici et maintenant.